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Le drapeau breton, le "Gwenn ha du" (noir et blanc).

Bien que relativement récent et malgré une histoire mouvementée, le GWENN HA DU est quasi officiellement reconnu aujourd'hui comme le drapeau de la Bretagne aussi bien par la population que par les collectivités territoriales, mairies, communautés d'agglomérations, départements, région.
Le GWENN HA DU a été conçu en 1923 par un autonomiste breton, Morvan MARCHAL.
Il a flotté pour sa première apparition publique lors de l'exposition des arts décoratifs de Paris en 1925.
Sa conception est à la fois traditionnelle et moderne.

Traditionnelle, parce qu'elle reprend les couleurs historiques des anciens drapeaux et oriflammes bretons (1), le blanc et le noir, et fait référence aux ducs de Bretagne avec des mouchetures d'hermine; l'hermine étant au duché de Bretagne ce que la fleur de lis était au royaume de France (2).

Moderne, car elle utilise des bandes pour évoquer les Pays (Bro) ou Evêchés de la Bretagne historique, à l'instar du drapeau américain dont les 13 bandes évoquent les 13 états fondateurs de la Fédération ou de celui de la Grèce moderne.

 

 

 Bien que relativement récent et malgré une histoire mouvementée, le GWENN HA DU est quasi officiellement reconnu aujourd'hui comme le drapeau de la Bretagne aussi bien par la population que par les collectivités territoriales, mairies, communautés d'agglomérations, départements, région.

Le GWENN HA DU a été conçu en 1923 par un autonomiste breton, Morvan MARCHAL.
Il a flotté pour sa première apparition publique lors de l'exposition des arts décoratifs de Paris en 1925.
Sa conception est à la fois traditionnelle et moderne.

Traditionnelle, parce qu'elle reprend les couleurs historiques des anciens drapeaux et oriflammes bretons (1), le blanc et le noir, et fait référence aux ducs de Bretagne avec des mouchetures d'hermine; l'hermine étant au duché de Bretagne ce que la fleur de lis était au royaume de France (2).

Moderne, car elle utilise des bandes pour évoquer les Pays (Bro) ou Evêchés de la Bretagne historique, à l'instar du drapeau américain dont les 13 bandes évoquent les 13 états fondateurs de la Fédération ou de celui de la Grèce moderne.

 

Si, à notre connaissance le nombre (11) des mouchetures d'hermine n'a pas de signification, il n'en est pas de même pour les bandes blanches et noires.

Les 4 bandes blanches évoquent les 4 Pays ou Diocèses bretonnants de la Basse Bretagne (Breizh Izel) :
- Cornouaille (Bro Gerne), évêché de Quimper (Saint Corentin),
- Léon (Bro Leon), évêché de Kastell Pol (St Pol de Léon), (Saint Pol Aurélien),
- Trégor (Bro Dreger), évêché de Landreger (Tréguier), (Saint Tugdual)
- Vannetais, (Bro Wened), évêché de Gwened (Vannes), (Saint Patern)

Les 5 bandes noires symbolisent les 5 anciens évêchés de Haute Bretagne (Breizh Uhel) de langue Gallo :
- Bro Zol, Pays et Diocése de Dol, (Saint Samson),
- Bro Naoned, Pays et Diocèse de Nantes, (Saint Félix),
- Bro St Malw,Pays et Diocèse de Saint Malo, (Saint Maclou, MacLaw ou Malo),
- Bro St Briec, Pays et diocèse de Saint Brieuc, (Saint Brieuc).


NOTES :

(1) Les précurseurs :
Le CROAZH DU ou Croix Noire.
Ce drapeau à croix noire sur fond blanc aurait été accordé au départ de la troisième croisade en 1188 par le Pape aux croisés bretons comme signe de reconnaissance. D'autres ont reçu des croix rouges, blanches, jaunes, vertes...que certains pays ont conservé comme le Danemark, la Suéde et la Norvège.
Il n'y a aucune trace écrite de cette époque attestant la réalité de cette apparition du KROAZH Du.
En 1351, lors de la bataille de Trente, cette marque était frappée sur des oriflammes.
Au 15ième siècle, son utilisation s'est largement étendue et la Croix Noire apparaît dans les textes et l'iconographie.


(2) L'HERMINE.
A l'origine, les blasons étaient des écus (boucliers) qui, à l'époque des croisades ont été décorés, soit peints, soit recouverts de peaux d'animal, le plus souvent avec de la fourrured'écureuil ou d'hermine.

L'hermine est un animal proche de la belette, au pelage brun roux l'été et blanc l'hiver à l'exception de la queue qui reste noire.
Les peaux d'hermine étaient cousues côte à côte et les queues étaient placées au milieu de chacune d'entre elles, fixées par trois barrettes.
La représentation stylisée du bout de la queue donnera ce qui s'appelle la moucheture d'hermine.

En 1212, Philippe-Auguste imposa comme époux à la duchesse de Bretagne Alix, Pierre de Dreux dont le blason était "brisé" par un franc quartier d'hermine (le régime féodal permettait uniquement à l'aîné de conserver le blason de son père. Les autres enfants devaient "briser les armes", c'est à dire ajouter une "brisure", un signe distinctif).
Alix n'ayant pas d'armoiries, Pierre de Dreux utilisera les siennes.



C'est ainsi que l'hermine fit son apparition en Bretagne.

En 1316, Jean III abandonne les armes de Dreux, pour des raisons conflictuelles avec sa belle mère et de prestige pour lui-même.
Il enlève l'échiqueté et la bordure, la brisure d'hermine devenant les pleines armes du duc de Bretagne.
 

 
 
 

Sur les drapeaux, étendards, oriflammes, la fusion entre la croix noire sur fond blanc et les mouchetures d'hermine se fera naturellement et rapidement.

Selon la légende, l'hermine aurait été choisie pour sa pureté.
Les versions ne manquent pas, en voici quelques unes.
- Poursuivie par une meute de chiens, par d'autres animaux selon les récits, l'hermine se trouva acculée devant une mare boueuse. Elle préféra se faire dévorer plutôt que de se salir en traversant la mare.
- Alain Barbe-Torte qui reculait devant la poussée des Normands fut bloqué devant une rivière en crue e boueuse. Il apperçu une hermine qui, comme lui, était poursuivi. Arrivée devant la rivière boueuse, l'hermine fit volte face, préférant mourir que de se salir.Devant cet exemple, Alain Barbe-Torte cria à sa troupe : "plutôt la mort que le déshonneur !". Les bretons remportèrent la victoire malgré la supériorité numérique de l'ennemi.
- La duchesse Anne vit lors d'une chasse une hermine traquée préferer périr plutôt que traverser une mare de boue où elle se serait salie. Fascinée, la duchesse fit de l'hermine son emblème.

Cette attitude de l'hermine donnera naissance à la devise de la Bretagne :
"KENTOC'H MERVEL EGET BEZAN SAOTRET, (Plutôt la mort que la souillure).

L'hermine donnera également son nom à un ordre de chevalerie.
Les ordres de chevaliers sont apparus avec les croisades, l'Ordre des Templiers, l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem...
Les souverains ont imité cette pratique pour récompenser et fidéliser leurs chevaliers, Ordre de l'Etoile en France, de la Jarretière en Angleterre....

En 1381, le duc de Bretagne Jean IV créa L'Ordre de l'Hermine dont la devise était " A ma vie".


Détachée administrativement du Trégor historique pour être rattachée au département du Finistère, d'où son appellation de "Trégor Finistèrien" ou "Petit Trégor", notre notre région est restée culturellement trégorroise.



LE TREGOR FINISTERIEN